La fermeture des centrales nucléaires est vraiment une décision politique !!! En aucun cas économique, environnementale ou technique. On s’en rend maintenant compte !

Depuis l’arrêt définitif de la centrale de Fessenheim le 29 juin 2020 et le cortège de discours politique nous annonçant un monde meilleur, on peut faire un premier bilan à chaud.

Autant être clair tout de suite, ça n’est pas brillant !

Tout d’abord, sous l’angle économique et financier, c’est réellement un gâchis pour le pays et pour les citoyens. L’état doit dédommager EDF compte tenu de la mise à l’arrêt de Fessenheim à hauteur de 377 millions d’Euros. Il faut tout de même comprendre que c’est de l’argent public qui vient alimenter les comptes d’une entreprise du SBF 120 (précédemment du CAC 40). Alors c’est EDF, donc l’actionnaire à plus de 80% est l’état, mais c’est de l’argent public qui est bêtement dépensé.

Toujours sous cet angle économique, la France, la collectivité nationale a dû importer de l’électricité durant le mois de septembre 2020. C’est très inhabituel et on était sur des volumes conséquents puisque le déficit de production nationale a été de plus de 700 GWh soit environ 30 à 40 millions d’Euros. Pour un pays qui n’exporte plus grand chose… Pour info, 700 GWh, c’est un petit mois de production de Fessenheim.

Maintenant, sous l’angle environnemental, on a fait l’économie de quelques kg de déchets issus du combustible nucléaire mais on a émis avec ces 700 GWh environ 280 milliers de tonnes de CO2. En effet, le nucléaire n’émet que très peu de CO2 par kWh alors que l’électricité importée, a priori d’Allemagne et d’Europe de l’Est, pour compenser la mise à l’arrêt de Fessenheim, est à plus de 400 grammes de CO2 émis par kWh. La France a même dû « redémarrer » ses 4 centrales au charbon. Comme le démontre Jean-Marc Jancovici très régulièrement, fermer un outil de production nucléaire en France ne réduit pas nos émissions, au contraire ! Comme d’habitude, je le redis, nous ne militons pas pour construire des EPRs, nous disons que le parc nucléaire actuel a des vertus qu’il faut factuellement admettre.

Enfin, sous l’angle technique, c’est une perte de 900 MW pilotables et intégrés au réseau national c’est à dire sans contrainte vis à vis des interconnexions. Ces 900 MW de puissance disponible à la demande vont donc faire défaut à RTE pour assurer l’équilibre globale du système.

C’est donc un gâchis réel à un moment où la France n’a clairement pas les moyens de gâcher.

Enfin, histoire de mettre tout le monde d’accord, EDF par l’intermédiaire de son Comité Social et Economique a dit le risque de black-out qu’on ne peut écarter pour cette hiver.

On y reviendra mais faire des lois qui sont des incarnations de décisions politiques sans rapport avec les loi de la physique, c’est irresponsable.

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