La taxonomie verte à la mode Allemande ou comment définir ce qui est « vert » et ce qui ne l’est pas.

On a il y a quelques jours présenté notre étonnement de lire les conclusions intermédiaires de la Commission Européenne sur la taxonomie verte, c’est à dire la définition des projets dans l’énergie qui peuvent bénéficier de financements européens.

Et au regard de l’ambition majeure affichée par la Commission sur la neutralité carbone pour 2050, on s’est dit très simplement que plus les projets sont émetteurs de gaz à effet de serre (GES) moins ils seront aidés et à l’inverse les projets peu émetteurs en GES seront largement aidés.

Or, patatras, c’est comme quand on recevait les notes d’un DS (Devoir Surveillé 😉 ), parfois, on ne comprenait pas du tout la notation. On était sûr d’avoir compris et réussi et en fait on se retrouvait fortement sanctionné.

Là, c’est en gros pareil, on pensait que les sources d’énergie émettrices de GES devaient être exclues du Green Deal Project et de ses financements et qu’à l’inverse, les technologies très peu émettrices de CO2 pouvaient être aidées financièrement.

Mais comme nous l’écrivions, le gaz est perçu comme meilleur contributeur dans la lutte contre le réchauffement climatique que le nucléaire. Et on peut lire toutes les études documentées, scientifiques, sérieuses, cela n’est pas le cas, le gaz même s’il est plus performant du point de vue de l’environnement que les produits pétroliers ou charbonnés, il n’en est pas moins très contributeur du dérèglement climatique.

Cela étant posé, une ONG qui surveille les lobbys nous donne un éclairage plus qu’intéressant. Elle nous dit très clairement et avec des éléments de doute (preuve ?) très probants que l’Allemagne qui va prendre la présidence tournante de l’UE – Union Européenne – alors qu’elle « tient » la présidence de la Commission et que le déclassement de la France (soyons lucide) et le Brexit lui laissent le champ totalement libre, est totalement pro-gaz.

Que dire de la présence de l’ancien chancelier Schröder a la tête du gazoduc Nord Stream 2 (« enfant » de Gazprom) et au board de la compagnie Rosneft, société russe dans le pétrole et le gaz.

Que dire également du ministre de l’Economie Peter Altmaier qui disait que le gaz est non seulement important mais qu’il est aussi sexy [???].

Et le Corporate Europe Observatory nous livre de façon très documentée toutes les démonstrations du lobbying allemand sur le gaz.

lobby gaz all

Faisons maintenant un lien tout simple vers les toutes dernières déclaration de l’ancien ministre de l’environnement Brice Lalonde qui déclarait il y a quelques jours que la Convention Citoyenne pour le Climat a été très probablement un lieu de rencontre des lobbyistes. Et quand on lui a demandé quels lobbys, il a fait observer que l’on a retrouvé les contenus des lobbys anti-nucléaire et du lobby gazier.

Les transitions, énergétique ou autres, c’est toujours l’occasion de faire du business.

 

 

 

 

 

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