Quand les opérateurs historiques du système électrique sont pris pour des « jambons » et les Français avec.

Le système électrique français a considérablement évolué ces 20 dernières années avec les 4 Directives Européennes qui l’y ont contraint.

Avant, un opérateur s’occupait de tout et on peut admettre qu’il le faisait bien puisque l’électricité était accessible tant techniquement qu’économiquement. En effet, la qualité de fourniture était au rendez-vous et le prix de l’énergie était à cette époque extrêmement compétitif en France. On peut même ajouter que l’opérateur national avait géré avec un engagement très fort de ses salariés les tempêtes de décembre 1999.

Depuis, beaucoup d’eau a coulé dans les turbines.

Les gestionnaires de réseaux sont plus ou moins indépendants, les fournisseurs (qui commercialisent l’électricité) sont légion et les producteurs ont (tous) profité des aides publiques pour le développement des énergies renouvelables.

Or, ce nouveau système électrique ouvert, libéralisé, propice à l’innovation selon le régulateur et le législateur, est l’occasion de libérer la parole… des prédateurs et autres affairistes.

On vient d’en voir la démonstration avec d’un côté l’ARENH (l’Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique) et avec le TURPE (le Tarif d’Utilisation du Réseau Public de l’Electricité).

Sur l’ARENH d’abord.

arenh

L’ARENH qui représente le quart environ de la production d’électricité nucléaire française – par EDF bien sûr – doit être accessible (jusqu’à concurrence de 100 TWh) aux concurrents d’EDF. Et elle doit être accessible à un prix franchement intéressant de 42 €/MWh qui est globalement égal au prix de revient pour EDF. De dispositif a été mis en place par l’état Français sur une injonction européenne visant à développer la concurrence à l’aval c’est à dire sur la vente d’électricité. On a donc permis à des fournisseurs émergents (POWEO et Direct Energie par exemple) de pouvoir se développer à côté du géant EDF.

Mais les choses ont changé, les petits alternatifs sont aujourd’hui des géants aussi (voir plus) avec Engie et Total et la question ne devrait plus être de savoir comment faire pour qu’EDF les aide mais plutôt de faire en sorte qu’ils ne mettent pas EDF en faillite – EDF encore massivement la propriété de l’état et donc des citoyens. Récemment, Engie, Total et les autres alternatifs ont fait pression comme rarement sur le gouvernement et sur le parlement pour monter le plafond de souscription ARENH de 100 à 150 TWh. Un très bon moyen pour eux d’augmenter leurs bénéfices sans aucun risque industriel – ils n’ont pas à assurer le travail « risqué » d’exploiter des centrales nucléaires et pas plus à devoir investir sur des temps longs pour disposer de moyens de production.

Et puis voilà qu’avec la crise du Covid-19, avec une demande en berne et des surcapacités énormes, les prix de l’électricité sur les marchés de gros se sont effondrés. Et les mêmes Engie, Total et consorts ne demandent plus 150 TWh, ils exigent que soit rompus les contrats d’accès à l’Arenh ! C’est comme si vous souscriviez une assurance le jour de l’accident, normal avant vous ne vous en êtes pas servi.

Et pour ne pas avoir à respecter le contrat que qu’ils ont signé pour acheter de l’électricité nucléaire à EDF à un prix convenu par la loi, ces mêmes fournisseurs alternatifs n’ont pas hésité la semaine dernière à solliciter le Conseil d’Etat pour mettre fin à ces contrats qui les engagent.

Nous aborderons demain une autre approche très prédatrice à l’encontre des gestionnaires de réseaux mais aussi de la grande majorité des consommateurs.

 

 

 

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