Le quotidien Le Monde est (encore) victime de son tropisme Eolien + Photovoltaïque… et c’est dommage

Le célèbre quotidien du soir nous dit dans son édition d’hier que la crise sanitaire actuelle dont nous ne sommes pas encore sortis va mettre à mal la transition énergétique.

lemonde

Et pour mieux comprendre, le journal nous indique que c’est le développement du solaire pourrait reculer en 2020.

Tout d’abord, je reviens sur le post d’hier sur cette matinale où je vous indiquais que NEOEN, acteur majeur du photovoltaïque (PV) en France et à l’international, nous alertais sur le fait que ses projets en PV allaient prendre du retard car les produits nécessaires à ces parcs photovoltaïques sont produits en Asie et leur importation est rendue difficile par la pandémie du Covid-19.

Donc, selon Le Monde, la transition énergétique pourrait se résumer à la croissance du business du solaire… et partant aux emplois qu’on développe en Chine notamment.

En première approximation, la crise sanitaire actuelle est au contraire extrêmement bénéfique pour le climat. La plupart des avions sont au sol et les voitures à l’arrêt. Demandez à Vinci qui a choisi récemment d’axer son développement sur l’exploitation d’autoroute et d’aéroports ce qu’il en est. Les émissions de CO2 se sont effondrées – et le climat ne va pas s’en plaindre – et on peut penser qu’il y aura un effet durable sur la réduction du transport aérien.

Mais peut-être que la transition énergétique, en tout cas celle qui est évoquée dans l’article de Nabil Wakim, ne correspond pas à la réduction des émissions de CO2 mais plutôt à l’atteinte d’objectifs de développement des énergies renouvelables. Et ce n’est pas du tout la même chose. On ne peut que reconnaître la factualité des analyses de Jean-Marc Jancovici ou de Maxence Cordiez, rajouter de la puissance de production électrique renouvelable en France ne réduit en rien nos émissions de C02.

Évidemment, le développement des énergies renouvelables en Inde ou en Pologne est hautement bénéfique pour le climat. Mais pour la France, la situation est tout autre et il eut été pertinent de le préciser.

J’espère que, prochainement, Le Monde nous permettra de mieux comprendre cette question de la transition énergétique.

Elle est à nos yeux trop souvent résumée à des objectifs sur le mix énergétique tels que 50% de nucléaire à 2035 ou doublement des capacités de production d’électricité renouvelable en 10 ans (2018-2028).

Construire une politique sur plusieurs décennie avec des objectifs chiffrés si peu solides scientifiquement, ça n’est vraiment pas sérieux.

Pourquoi 50% en 2035 ? 0% de nucléaire si le risque est fatal ? , pourquoi doubler la puissance installée sinon pour avoir trop d’électricité à certains moments et pas assez à d’autres  ?

Quand on aura fait ça, on aura rien fait pour le climat… rien.

Par contre, quand on sait à quel point la France est une pure anomalie en Europe avec plus de 2 millions de logements chauffés au fioul et qu’on en parle quasiment jamais, les passer en pompe à chaleur est une action significative pour lutter contre le réchauffement climatique. Et que l’électricité qui alimente les pompes à chaleur soit issue de centrale nucléaire n’est pas un sujet lié au climat.

Nous attendons donc une analyse sur ce qui permet vraiment de contenir le réchauffement climatique en qualifiant la transition énergétique et quels enseignements tirer de la crise pandémique actuelle.

 

 

 

 

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