Intéressante initiative d’EDF qui éclaire (sic) sur le service public de l’électricité

EDF Commerce vient d’annoncer une offre de fourniture de l’électricité « régionale » pour la Bretagne. Étrange initiative quand on sait que la Bretagne est une péninsule électrique en risque sur ses approvisionnements électriques.

En effet, la Bretagne est relativement souvent en situation périlleuse sachant deux choses :

  • elle a un mix régional fortement dominé par les renouvelables ( 75% ) (qui souffrent d’intermittence y compris en Bretagne)
  • elle ne produit que 17% de l’électricité qu’elle consomme.
  • elle héberge DÉJÀ le principal projet de réseau électrique intelligent avec SMILE

Source : Bilan Electrique de la Bretagne (RTE)

Remarque : un territoire idéal pour l’ADEME ou Négawatt ou même l’état dans la démonstration d’un scénario 100% renouvelable viable.

En fait, on constate surtout ici la nécessaire solidarité qui doit exister entre les territoires et l’importance d’une gestion globale du système électrique.

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En effet, quand la Bretagne tourne à plein avec l’éolien (le facteur de charge instantané de l’éolien en Bretagne peut -cas extrême – atteindre 90%), elle assure seulement 27% de sa consommation. Pour information, le photovoltaïque en Bretagne couvre quelques % max de la consommation.

La Bretagne ne peut donc à aucun moment – et loin s’en faut – atteindre l’objectif des Territoires à Energie Positive.

La situation étant « plantée », revenons à EDF qui vient de proposer cette offre de fourniture en électricité pour la Bretagne en, comme l’évoque le Télégramme, surfant sur la vague du consommer local. Et ce n’est pas tout, le Délégué Régional d’EDF dit envisageable de vendre de l’électricité avec le label « Made in Bretagne ».

Là, nous disons danger. La France a depuis fort longtemps inscrit la logique de péréquation tarifaire dans son système électrique. C’est à dire que le lieu de consommation ne modifie pas les conditions économiques d’accès à l’électricité. Si l’on s’inscrit dans des logiques régionales, locales, de consommation, on prend le risque de « dénoncer » de facto la péréquation. Le côté amusant est que l’initiative d’une telle démarche nous arrive du territoire qui a le moins intérêt à une remise en cause de cette péréquation. A moins que la Bretagne espère qu’avec ce type d’offre, les consommateurs payent eux-mêmes les investissements nécessaires à l’objectif de produire localement tout ce que l’on consomme. Souhaitons à la Bretagne que ses consommateurs (engagés) disposent des moyens nécessaires.

Cette situation de la Bretagne est en écho à celle du Royaume-Uni qu’on évoquait dans le précédent billet, plus on s’isole dans un système électrique, plus on prend de risques sur les prix et sur la sécurité d’approvisionnement.

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