Après 20 ans de dérégulation du secteur de l’énergie en France, va-t-on assister à une capitulation de l’état ?

Le secteur électrique français, on l’a dit ici encore récemment, était (on peut quasiment parler au passé) l’exemple à suivre pour la plupart des pays dans le monde.

Il était performant, optimisé, fiable et il était aussi une fierté pour le pays.

Mais depuis 20 ans, on a mis fin à la logique du groupe intégré d’abord par l’indépendance forte donnée au réseau de transport puis dans une moindre mesure au réseau de distribution. On a ensuite laissé les nouveaux entrants sur ce marché profiter de la rente nucléaire sans aucune contrepartie avec l’Accès Régulé au Nucléaire Historique. On a « biberonné » les nouveaux entrants avec les moyens de la collectivité – par exemple en rémunérant uniquement ces nouveaux entrants par ERDF/Enedis pour des prestations de gestion clientèle.

Pour quels résultats ? Pas brillant selon la plupart des observateurs neutres, le médiateur de l’énergie par exemple.

Et voilà que l’état (on ne fera pas de stigmatisation – plusieurs gouvernements sont responsables de cette situation), voilà donc que la nation est sommée de confier pour partie la gestion de barrages hydroélectriques à des entreprises plus ou moins installées chez nous et aux intérêts clairement financiers.

Or la plupart de ces ouvrages hydroélectriques ont été construits par EDF dans les années 1950 et 1960. Ce fut d’ailleurs le premier des grands chantiers qui a été confié à l’entreprise publique créée en 1946 avec la reconstruction et le développement du réseau électrique.

barrage

Donc, au prétexte d’une saine concurrence, on souhaite confier la gestion en gros d’un tiers de ces barrages à des sociétés qui voient là un excellent investissement.

Clairement, l’investissement est excellent, plus encore pour les STEP – les ouvrages de type Station de Transfert d’énergie par Pompage – une production d’électricité pilotable, bon marché et quasiment zéro carbone. Il est intéressant car source de revenus pour ces sociétés soucieuses de développer leur business.

Pire, les ouvrages en question ont des vertus évidentes dans la gestion de l’eau pour l’agriculture et pour les loisirs. Et la gestion de l’eau est et deviendra plus encore une responsabilité publique.

L’état doit donc impérativement prendre en compte la préservation du secteur hydroélectrique dans une éventuelle évolution du groupe EDF. On ne peut faire évoluer EDF sans avoir comme objectif de redéfinir le service public de l’électricité et la préservation des actifs apparentés à des biens publics comme les ouvrages hydroélectriques ou les réseaux.

La CFDT sera très attentive à ce que les consommateurs, citoyens, salariés, soient écoutés dans un projet tel qu’Hercule.

 

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