Le candidat Emmanuel Macron s’engageait pour que la France consacre 3% du PIB à la recherche, alors pourquoi enterrer le projet Astrid en particulier et les réacteurs à neutrons rapides en général.

L’électricité est à la France ce que la berline haut de gamme est à l’Allemagne, mais peut-être devrait-on dire « était ».

La France était le pays qui servait d’exemple dans sa stratégie, son organisation, son industrie s’agissant du système électrique. Que l’on parle de la production avec ses centrales nucléaires, ses barrages, des réseaux avec le transport et la distribution ou la gestion de la clientèle avec le célèbre (pour les anciens) QE ou Quittancement Elaboré qui dès 1970 a permis de gérer informatiquement 25 millions de clients, on venait du monde entier pour apprendre du système électrique français.

Mais voilà, on ne consacre plus que 0,5% du chiffre d’affaire de RTE ou d’Enedis à la recherche, on s’interroge sur l’avenir d’EDF Lab dans le cadre du projet Hercule et on abandonne quasiment toute ambition sur les futures générations de réacteurs nucléaires. Rappelons nous les propos du président sur les 3% !

Pourtant, il est acquis que l’énergie devra être massivement décarbonnée et que c’est le vecteur électricité qui en sera la principale composante.

Il est également acquis qu’elle ne sera pas de sitôt « bon marché », qu’on la produise à partir de nucléaire, d’éolien ou de photovoltaïque, l’énergie, électrique ou pas, va devenir de plus en plus coûteuse.

Pour revenir sur l’abandon d’Astrid, la technologie sous-jacente qu’est la surgénération permet de résoudre les 2 principales limites de la filière nucléaire actuelle :

  • La gestion des déchets ultimes
  • L’accès au combustible

En effet, les surgénérateurs permettent de « brûler » le plutonium mais aussi l’uranium appauvri. Il permet donc de disposer d’une quantité considérablement plus importante de combustible mais aussi de diviser drastiquement la quantité de déchets irradiés à vie longue. Comme le disent les spécialistes, on « referme » ainsi la boucle du cycle du combustible : on utilise une grosse partie des déchets comme combustible.

Or, la Russie, la Chine et même les Etats-Unis investissent sur la surgénération avec d’une certaine façon un encouragement du GIEC qui pointe les vertus de tout système de production de l’électricité sans émissions de CO2.

astrid

Pour la France, Astrid -projet leader sur la surgénération – représentait (on doit maintenant parler au passé) environ 800 millions d’Euros. Une somme astronomique nous dit Yannick Jadot, mais plutôt symbolique si on la compare aux milliards d’aides dédiés à l’éolien ou au photovoltaïque pour des panneaux massivement construits en Chine, c’est-à-dire fabriqués là-bas et importés de là-bas !

 

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