Les prix du tarif régulé de l’électricité (Tarif Bleu) vont augmenter et ça surprend ?

La CRE – Commission de Régulation de l’Energie – a indiqué qu’il lui parait nécessaire d’augmenter les prix du tarif Bleu d’environ 6% (variable en fonction des options et des versions de ce Tarif – pour les détails).

Beaucoup s’en émeuvent, le médiateur de l’énergie ou les associations de consommateurs d’abord, l’autorité de la concurrence aussi.

Pour les deux premiers, on peut dire qu’ils sont dans un combat légitime de défense du consommateur final. Ils sont en cohérence avec le mouvement des gilets jaunes qui réclament tout simplement d’avoir plus de pouvoir d’achat. Ne pas augmenter les prix de l’électricité y participe évidemment. L’association CLCV réclame par exemple de réduire la TVA sur l’électricité de 20% à 10% et indique dans le même temps qu’on ne peut se permettre d’avoir des prix exorbitants de l’électricité.

De son côté, l’autorité de la concurrence pointe un effet de causalité entre l’ARENH (Accès régulé à l’énergie nucléaire historique) et le prix du Tarif Régulé de Vente, le tarif Bleu.

Que peut-on dire de tout cela ?

Tout d’abord, que la CRE est dans un rôle des plus difficile où on lui demande tout à la fois :

  • de protéger les intérêts des consommateurs
    • avec l’objectif de contenir les prix du tarif régulé
  • de faire vivre la concurrence
    • en s’assurant de la non-discrimination des opérateurs régulés (Enedis et RTE)
    • en pilotant le dispositif (politique et non régulatrice) de l’ARENH pour donner les moyens à des fournisseurs ne disposant pas de moyens de production compétitifs accès à de l’électricité à un prix de gros avantageux
  • d’accompagner la politique énergétique nationale -avec notamment l’accompagnement du développement des énergies renouvelables
    • avec des coûts de raccordement réduits pour l’éolien et le photovoltaïque (compensés par l’ensemble des consommateurs)

 

Au final, la CRE a deux solutions, soit faire porter sur EDF ces contraintes avec une baisse du tarif Bleu (corrigé de l’inflation), un prix de cession de production suffisamment bas pour être concurrencé (sic). Pour l’accompagnement du renouvelable, ce sont les gestionnaires de réseau qui sont appelés à la rescousse.

Cette solution a un inconvénient important, EDF voit ses résultats se dégrader, son endettement augmenter (plus de 60 milliards € à date, x 2 en dix ans) et l’emploi très impacté. C’est cependant celle que semble préconiser l’Autorité de la Concurrence.

L’autre solution est donc d’augmenter les tarifs pour que l’électricité soit vendue à un prix qui permet aux entreprises qui la produise de ne pas vendre à perte.

On peut, on doit exiger de ces producteurs une performance qui nous assure d’un prix bas. Mais la comparaison des prix entre la France et ses voisins semble indiquer que la performance est bel et bien au rendez-vous.

Une dernière solution qui nous a échappé un instant, renationaliser le secteur de l’électricité, en considérant que c’est un bien fondamental et qui relève de la sécurité nationale et l’état pourra ainsi en définir le prix.

 

 

 

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