Le débat public sur la Programmation Pluriannuelle de l’Energie va s’engager … quelques remarques préliminaires

Le débat public va formellement s’engager le 19 mars et se poursuivra jusqu’au 30 juin 2018.

Pour jeter les bases de ce débat, la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) s’appuie sur 2 documents : le dossier de maitrise d’ouvrage du Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire mais aussi sur l’avis du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE).

Pour notre part, il convient de définir la transition énergétique attendue. Nous souhaitons en effet que l’ambition soit précisée clairement.

Tout d’abord, l’état, le ministre Hulot, plante un décor assez clair :

  • réduction des gaz à effet de serre (GES)
  • réduction des consommations d’énergie
  • développer les énergies renouvelables

Le gouvernement apporte ensuite quelques compléments permettant de structurer et de construire la PPE 2019-2023.

On trouve les objectifs liés à :

  • l’efficacité énergétique (bâtiment et transport)
  • le développement des énergies renouvelables et de ses filières
  • la sécurité d’approvisionnement
  • les réseaux (électrique en particulier), leur flexibilité et leur numérisation
  • la préservation du pouvoir d’achat des consommateurs et la compétitivité pour les entreprises
  • les enjeux économiques et sociaux avec la place des territoires et l’impact sur l’emploi

Pour notre part, une première question émerge notamment sur la base des premières réactions par rapport au cadre de cette PPE.

Pour beaucoup d’acteurs, la PPE doit permettre de répondre à la loi TECV (produite par Ségolène Royal, ministre à l’origine de cette loi) sur la part de 50% de nucléaire dans le mix électrique.

Pour nous, il s’agit en priorité de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il convient ensuite disposer sécuriser les approvisionnements et enfin de proposer à l’ensemble des consommateurs une énergie bas carbone à un coût raisonnable.

Il nous semble donc extrêmement important de dire TRES clairement les ambitions de la PPE et de préciser en toute transparence les conséquences des choix qui seront préconisés.

A ce titre, le cadrage produit par le ministère de la transition écologique et solidaire nous parait bien lancer les travaux. Il reprend a priori le pragmatisme auquel nous sommes attachés. En effet, nous souhaitons défendre des choix, des orientations, qui ne cèdent pas aux dogmes.

En l’espèce, nous en évoquerons 2 qui dominent et qui ne répondent pas aux exigences de réduction des émissions de GES, d’indépendance énergétique et de compétitivité de l’énergie (bas carbone) proposée aux consommateurs.

Tout d’abord, nous ne souhaitons pas maintenir une telle prédominance du nucléaire dans le mix électrique mais nous ne voulons pas reproduire les erreurs de l’Allemagne qui a massivement compensé le défaut de la production nucléaire par du charbon et du lignite. Le nucléaire doit entrer dans la transition mais pas par un arrêt trop brutal, même Nicolas Hulot en a convenu. Et de fait, vouloir centrer la PPE sur une réduction à 50 % de nucléaire dans le mix électrique en 2025, 2030 ou tout autre année nous éloigne de l’ambition de la stratégie nationale bas carbone.

L’autre exemple porte sur la volonté quasi aveugle de développer une approche girondine, territoriale, des politiques énergétiques. Le CESE nous dit par exemple dans son avis (voir ci-dessus) qu’il faut développer une gestion locale des réseaux électriques … (sic). L’électricité, qui ne se stocke pas, est depuis que ces réseaux existent dans une logique de croissance des réseaux pour profiter au maximum des logiques de foisonnement. Le foisonnement, c’est faire que sur un réseau électrique il y a toujours des moyens de production disponibles et toujours des consommateurs qui utilisent cette électricité produite, et tout cela en temps réel, l’électricité ne se stocke pas !

Retour sur ce besoin de sortir des dogmes

Nous participerons donc activement à ce débat avec ce souci du pragmatisme au service de la planète, du système énergétique français et des consommateurs.

Et nous aurons évidemment en permanence la préoccupation de la place des salariés dans cette transition, à leurs formations et aux emplois … en France.

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