La CRE et la Commission européenne sont encore et toujours influencées par des positions idéologiques

Le développement des smartgrids, réalité maintenant incontestable avec le déploiement des compteurs communicant et la futur directive européenne (clean energy package mis en débat), fait évoluer le métier de Distributeur d’Electricité vers Gestionnaire de Systèmes Electriques (DSO : Distribution System Operator).

Et quand, pour Enedis typiquement, on devient Gestionnaire de Systèmes Electriques, on a des besoins différents de ceux d’un simple distributeur.  Parmi ces besoins, et compte tenu du développement massif de la production diffuse d’énergies renouvelables (EnR), apparait la nécessité de compenser l’intermittence des EnR avec des moyens de stockage de l’électricité et ce de façon décentralisée.

Pour l’hexagone, Enedis a d’ores et déjà anticipé les conséquences de ce nouveau métier de DSO et a étudié l’introduction de moyens de stockage sur ses réseaux.

Or, et c’est là que l’idéologie nous rattrape, les législateurs et autres régulateurs voient d’un œil mauvais l’idée qu’Enedis ou tout autre DSO de même nature puissance devenir opérateur de marché sur l’électricité ainsi stockée. En effet, pour être précis, Enedis n’aurait pour ses stricts besoins à n’utiliser que partiellement les unités de stockage dont elle disposerait et serait alors amené, pour rentabiliser ces installations, à « louer » ces capacités de stockage sur le marché durant les périodes où elle n’en a pas d’utilité pour le réseau.

Pourtant, Enedis va résolument dans le sens du développement des smartgrids avec un rôle majeur dans la réussite de la transition énergétique en développant la performance économique des EnR associées à des unités de stockage.

Mais,  c’est incontestable, le DSO pourrait également tirer des profits supplémentaires issus de la location des moyens de stockage de l’électricité.

Et c’est bien à cause de ce dernier point que l’Europe et la CRE concluent qu’il est préférable d’interdire à Enedis d’être un acteur économique dans le stockage de l’électricité. Ils préconisent que les gestionnaires de systèmes électriques sous-traitent la mise en œuvre du stockage de l’électricité et que ce soit le DSO qui loue les capacités de stockage au moment où il en a besoin.

En clair, la priorité ne serait pas donnée aux besoins du DSO. On peut alors se demander si l’opérateur privé propriétaire des moyens de stockage de l’électricité n’abuserait, lui, de sa position de monopole de fait pour imposer ses prix à la collectivité.

Au final, quand il faut choisir entre le marché et le régulé, comme dans le cas qui nous intéresse, on fait trop souvent  le choix du marché.

Pour ce cas particulier, nous suggérons qu’Enedis puisse pleinement être en capacité d’utiliser des batteries ou tout autre moyen de stockage de l’électricité et que les revenus de la location de ces batteries soient alloués à des investissements liés à l’intégration des EnR sur les réseaux. De ce fait, l’ensemble des bénéfices issus des batteries viendrait servir l’intérêt général.

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