Après avoir parcouru l’histoire des réseaux électriques et les solidarités qui vont avec, regardons comment tout cela se finance

La tarification des réseaux électriques est un sujet particulier pour la France. Cette tarification, basée sur un principe de services rendus aux publics (particuliers, entreprises et collectivités), n’a pas vocation à permettre aux gestionnaires de réseaux de réaliser des bénéfices mais bien de couvrir les coûts de gestion et de maintenance et de réaliser les investissements pour préparer l’avenir (ce dernier point constitue un élément essentiel des discussions en cours avec la CRE sur le TURPE).

Cette tarification qui doit couvrir les coûts doit par ailleurs inciter les GRD à améliorer leur performance. Ces GRD doivent rendre des comptes à la nation (contre partie de la mission de service public) sur leur efficacité à court, moyen et long terme.

Enfin, la tarification des réseaux électriques peut être porteuse de certaines ambitions d’optimisation avec des « signaux prix » incitatif sur l’utilisation ou non du réseau à des périodes données (à l’instar de l’horo-saisonnalité des tarifs d’acheminement).

Le système de tarification que l’on connait en France, construit par la CRE avec des contributeurs issus des meilleures écoles Française, est d’une certaine complexité et qui mérite plus que quelques lignes.

Pour autant, retenons que le TURPE, Tarif d’Utilisation du Réseau Public de l’Electricité, s’appuie sur 5 objectifs :

  • Le TURPE doit refléter les coûts
  • Le TURPE doit être lisible pour l’ensemble des parties prenantes
  • Le TURPE doit être cohérent pour l’ensemble des typologies de consommateurs
  • Le TURPE doit être implémentable dans le système électrique existant (principe de réalité)
  • Le TURPE doit être acceptable par les consommateurs

Cette énonciation des principes structurants du TURPE a très vite ses limites.

Un client en auto-consommation qui ne fait appel que durant 20 % du temps au réseau public sera inévitablement confronté à la difficile cohérence entre le reflet des coûts et l’acceptation du montant de l’acheminement. En clair, les coûts réels des réseaux ne seront pas divisés par 5 parce que durant 80% du temps, il n’utilise pas opérationnellement le réseau public.

La tarification des réseaux électriques est dès aujourd’hui peut en règle avec les 5 objectifs de la CRE mais il sera encore plus difficile de s’y tenir avec l’émergence des réseaux privés, des réseaux virtuels et des installations d’autoproduction/autoconsommation.

La CRE viens d’ouvrir une consultation sur le TURPE et l’autoconsommation et la Commission Européenne a la lancé le chantier de construction de la future directive sur l’énergie. Ces sujets de tarification sont au coeur de la transition énergétique et il faudra être très vigilent pour qu’on ne s’éloigne pas excessivement du nécessaire reflet des coûts réels de l’acheminement.

On quitte donc l’histoire des réseaux avec cette question du financement … on est sur LA question du moment.

 

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