Après l’europe et la politique « nucléaire » de la France, regardons la situation financière des acteurs français de l’énergie

A minima parce que l’actualité l’impose, abordons la situation d’EDF qui tenait hier son assemblée générale des actionnaires.

A cette occasion, et nous y étions, le président Jean-Bernard Levy a dit sa confiance en l’avenir essentiellement parce que les faits sont conformes aux prévisions… soit.

Dans le même temps, le journal le Parisien – qui n’est pas il est vrai un journal économique mais il parle aux français avec 800 000 lecteurs avec sa déclinaison nationale – titrait  » Pour EDF, tous les voyants sont au rouge « .

Pour faire vite, sont pointés par le quotidien :

  • un cours de l’action qui s’est effondré
  • une dette brute qualifiée d’abyssale à hauteur de 75 milliards d’euros
  • un besoin d’investissement parfois nommé mur d’investissement de l’ordre de la centaine de milliards d’euros sur les 10 ans à venir (les chiffres divergent selon les sources mais c’est bien de cet ordre là)
  • et l’arrimage (pas encore vraiment l’acquisition) d’AREVA NP qui vient de donner naissance avant-hier (quelle actualité !) à EDVANCE

La situation d’EDF est par ailleurs rendue compliquée par des prix de gros de l’électricité qui restent autour des 35 euros par MWh. Rappelons nous qu’il y a quelques années, EDF vendait son électricité autour de 45 à 50 euros du MWh. Or les coûts n’ont pas baissé en proportion, au contraire.

Et si la situation à l’amont est difficile, elle l’est également à l’aval avec une concurrence qui s’est considérablement renfoncée lors de la suppression des tarifs régulés de vente Jaune et Vert. EDF Commerce a perdu environ 40% de son marché d’affaire.

Par ailleurs, AREVA est dans une situation financière également compliquée avec des annonces de suppression d’emplois à un niveau de plus de 3000 et un besoin en recapitalisation évoqué l’an dernier à hauteur de 3 à 4 milliards d’euros.

Enfin, Engie est dans une situation de profonde refondation qui passe là aussi par un nombre impressionnant de suppression de postes – 1900 pour la France.

S’agissant des gestionnaires de réseaux, ils sont eux aussi impactés par les impacts de la transition énergétique mais sans être exposés aux mêmes risques financiers. Ils sont cependant amenés à engager des investissements très importants dans le numérique ou l’adaptation des infrastructures aux nouveaux moyens de production (photovoltaïque et éolien pour l’électricité et méthanisation et méthanation pour le gaz naturel).

On le voit donc résumé ici, une réelle fragilité financière des acteurs français de l’énergie à un moment où les besoins en investissements sont remarquablement importants.

 

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